Phallus grec : le spirituel est le devenir du petit

Pourquoi, dans l’art grec antique, la taille des organes génitaux masculins, presque systématiquement représentés, est démesurément petite <,

Francis Francis

Beaucoup de statues, peintures et autres oeuvres, représentent bien souvent l’homme à son désavantage, anatomiquement parlant. Car de la Grèce antique à la Renaissance, nombreuses sont les formes d’art à attribuer à ses modèles des proportions sexuelles anormalement petites, ce qui semble pourtant trouver une explication rationnelle.

Outre le fait que, biologiquement, la taille du pénis au repos peut varier d’un individu à l’autre et d’une situation à l’autre, la représentation artistique démesurée trouve aussi une raison culturelle.

Car si de nos jours, la société considère un phallus de grande taille comme un symbole de force et de virilité, les sociétés anciennes  attribuent à cette particularité une tout autre signification.

Par exemple, on constate que de très nombreuses oeuvres antiques représentant de larges membres reproducteurs étaient associées à des satyres, ou encore à Priape. Et alors que les premières étaient de vicieuses créatures accompagnant Dionysos, le dieu de la vigne, du vin et des excès, Priape, lui, était le dieu de la fertilité, touché par une malédiction qui le condamnait à être en perpétuelle érection et qui fut si méprisé des autres dieux qu’ils le jetèrent du mont Olympe.

Dans l’Antiquité, un organe masculin généreux correspondait à des caractéristiques négatives, telles que la folie, la luxure, ou encore la laideur, tandis qu’un pénis de taille modeste s’apparentait à des qualités bien plus louables. L’homme « idéal », même s’il pouvait jouir d’une sexualité très active, devait être doté d’un petit sexe, ce qui lui permettait d’être rationnel et intellectuel.

Ce trait physique et son association courante se retrouvent dans les écrits de la Grèce antique, et notamment dans la pièce de théâtre « Les Nuées », d’Aristophane, poète grec qui vécut au Ve siècle :

« Si tu fais ce que je te dis, et si tu y appliques ton intelligence, tu auras toujours la poitrine grasse, le teint clair, les épaules larges, la langue courte, les fesses charnues, le pénis petit. Mais si tu t’attaches à ceux du jour, tu auras tout de suite le teint pâle, les épaules petites, la poitrine resserrée, la langue longue, les fesses petites, les parties fortes, des décrets à n’en plus finir. »

L’art de la Grèce antique se caractérise par une idéalisation de l’Homme, tant morale que physique.

De même, plus tard, les Romains présenteraient la même tendance à représenter l’Homme avec de petits pénis, tout comme le firent également les artistes à la Renaissance, eux aussi inspirés de l’art grec antique. Par exemple, le David, une sculpture de Michel-Ange réalisée entre 1501 et 1504 et exposée à Florence, en Italie, est présentée avec un sexe étonnamment petit.

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